Depuis la polémique du Salon du cheval ayant refusé d'acueillir la Fondation BB et ses slogans "Un cheval ça ne se mange pas", le sujet monopolise tous les magasines de chevaux; j'ai également souhaité me pronnonçer.
Prennons pour exemple mon amie Camille. Elle élève des vaches et entretient avec ses bovins des relations égales à celles que nous possédons avec nos chevaux.
L'effet est peut-être passé de mode; mais ne connaissez vous pas une personne qui possède un cochon domestique, et avez vous remarqué que ces animaux sont aussi propres, fidèles, obéissants et, finalement, intelligents qu'un chien ?
Alors, en quoi un cheval aurait il plus droit d'exister en tant qu'être émotif qu'un autre de ces animaux?
C'est avant tout une question de culture, et d'histoire, puisque le cheval a porté l'homme à la guerre, a labouré ses récoltes, mais aussi et surtout, une question d'émotivité...
Je vous arrête tout de suite sur une chose: je ne mange pas de cheval, mais pour être au clair avec moi-même et trouver un semblant de logique dans mes raisonnements, j'ai cessé de manger toute viande; car à part dans votre émotionnel (et le mien...), un cheval ne vaut pas plus que ces autres animaux que l'on consomme.
J'irai même plus loin dans le débat; nous ne pouvons pas forcer les gens à devenir végétariens (d'ailleurs, la plupart des passionnés de chevaux ne refuseront pas une bonne tranche de rôti saignant); ce qui est scandaleux dans l'industrialisation de la viande, ce sont les conditions de vie et de transports des animaux.
Des chevaux de trait élevés pour la boucherie, scandaleux? Si leur vie s'est passée dans un grand champ, sans souffrance ni douleur, jusqu'à l'abattage qui dure une demi seconde, même si ça me fait certes mal au coeur, nous ne pouvons objectivement pas le plaindre, et comble d'ironie, c'est grave au marché de la boucherie que la plupart de nos amis lourds racés existent encore.
Le véritable scandale se situe dans les kilomètres que ces chevaux doivent parfois essuyer sans boire ni manger, serrés contre des congénères qu'ils ne connaissent pas, se bottant à tout va et ressortant parfois de ce calvaire boiteux, éborgnés, parfois même morts... Ou encore, ces chevaux de club ou de propriétaire qui ont donné toute leur vie et à qui on ne pense pas à donner une retraite décente. Les honnêtes travailleurs qui ont fait le bonheur d'un particulier ou appris l'équitation à de chères têtes blondes sont drôlement remerciés... Tout ça pour quoi? Parce que l'utilisateur veut pouvoir re consomer immédiatement son monopole "équitation", et qu'un cheval bon pour la retraite n'a pas forcément déjà 1 sabot dans la tombe...
C'est aussi sans compter les chevaux de course, en particulier les trotteurs, non qualifiés, ces chevaux ne "valent plus rien"et sont envoyés au couteau parce qu'ils n'ont pu rivaliser sportivement.
La solution? Responsabiliser.
En réalité, je pense que les amoureux des chevaux (dont je fais pourtant parti) et la Fondation BB ont déplacé le problème. Un cheval, ça ne se mange pas, dans notre coeur de passionnés, certes, mais nous ne sommes personne pour décider objectivement quel animal vaut mieux qu'un autre, tout ça parce que nous prennons du plaisir à le monter et à nous en occuper.
Le plus intelligent serait d'établir des conditions de vie pour les équidés élevés dans le but de "faire de la viande", contrôler les transports afin que la surcharge ou les 20h de transports sans eau ni granulés que peuvent connaître ces pauvres animaux parfois trimballés d'un bout à l'autre de l'europe ne puissent exister, interdire ou réglementer sévèrement les foires qui présentent nos pauvres amis dans des états déplorables et dans des conditions qui ne sont pas moins pires, et également, même si cela requiert de l'utopie, s'intresser au sort des chevaux de club que vous montez, vous demandez si vous serez en mesure d'offrir une retraite heureuse à votre cheval, loin des couteaux de boucherie et de l'assiette du consomateur.
Pour mon cas, j'ai trouvé la solution qui me met au clair avec moi même (ce qui est déjà beaucoup): Je suis végétarienne.
La mort est moins condamnable que la souffrance.